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Éditorial Titre en grève par Katia Belkhodja
L’UQAM est en grève.
Jusques là, rien que de très normal. Le département de sociologie à l’UdeM est en grève. Jusques là, rien que d’assez habituel. Le département de sciences sociales est en grève. Ça ne nous surprend pas outre mesure, mais bon. Le département de littérature comparée est en grève. Et les dominos tombent, inexorablement. Mais non, je ne suis pas anti-grève. Ni pro-grève. Ni neutre. Et là quelqu’un devrait, logiquement, m’inciter à me brancher. Sauf que. Sauf que sauf que sauf que. Ce n’est pas à moi de me brancher. Du moins pas en tant qu’individu. Je ne sais pas combien d’assemblées générales ont eu lieu depuis début février, trois, peut-être quatre, il n’y a pas une seule fois eu quorum (enfin, si, au début de la dernière, et puis quelqu’un s’est levé et il n’y eut plus rien de beau, au monde). Ce qui fait que pendant que tout le monde fait grève, nous n’avons pas ne serait-ce qu’une position par rapport aux frais afférents ou à la hausse des frais de scolarité. Nous ne sommes pas pour. Ni contre. Ni neutres. Loin de moi l’idée d’enjoindre tout un chacun de nous à écrire des slogans avec leur sang coagulé sur des pancartes de vingt mètres de long et d’aller, cheveux ou dreadlocks au vent, manifester tous les jours devant les bureaux du recteur ou ceux de l’éducation nationale, qui sont peu pratiquement placés trop loin l’un de l’autre pour le faire en même temps de toute façon. Mais nous pourrions au moins, en tant que département, nous offrir le luxe inouï d’une opinion. Et être un peu, un tout petit peu plus de trente à le faire. Une marge d’une personne, d’une demi-personne serait suffisante, à la limite, quand on parle de choses aussi triviales que notre éducation. Littfra, prenons position ?
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