Un Pied dans la tombe
Rétrospective


par Samuel Mercier


           À part les aveux de JK Rowling (bouchez-vous les oreilles, les enfants) sur l’homosexualité de Dumbledore, la dernière année littéraire a été mouvementée sur plusieurs plans, en premier lieu (ça revient à chaque année), sur le web, mais aussi sous terre.

Les Grands disparus

           En effet, plusieurs grands ont écrit leur dernière ligne. Je pense notamment à Julien Gracq, auteur du Rivage des Syrtes (pour lequel il avait emporté le Goncourt), mort en décembre et, bien sûr, à Norman Mailer, qui s’est heureusement éteint avant de virer Born Again. Sans oublier le grand Kurt Vonnegut, vieil hédoniste et pacifiste, vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, témoin du bombardement de Dresde, auteur de Slaughter House V, mort à 85 ans et fier d’avoir passé sa vie à enfiler les cigarettes. Il va nous manquer. So it goes

           À ne pas oublier non plus, le catalan Paco Candel, le japonais Makoto Oda, le plus célèbre auteur estonien Jaan Kross (!?) et la militante et écrivaine canadienne Jane Rule. Côté Polar, 2007 a emporté Ira Levin, auteure du célèbre Rosemary’s Baby (mis à l’écran par Roman Polanski) ainsi que John Gardner, successeur de Ian Flemings à la barre des aventures du célèbre agent 007.

Prix littéraires

           Côté prix, Gilles Leroy a remporté le Goncourt avec Alabama Song et Daniel Pennac le Renaudot avec Chagrin d’école. Évidemment, on ne saurait passer sous silence le Nobel qui a été remis à la foudroyante Doris Lessing pour l’ensemble de son œuvre. Chez les voisins du sud, le Pulitzer a été remis à Cormac McCarthy pour The Road tandis que le National Book Award est allé à Denis Johnson pour Tree of Smoke.

           Au Québec, Jean-François Beauchemin emporte le Prix des libraires pour son roman La Fabrication de l’aube, tandis que le prix des collégiens va à Hadassa (2006) de Myriam Beaudoin.

L’An 10 après Google

           Alors même qu’Amazon, lance son nouveau livre électronique, le Kindle, la blogosphère québécoise a été le lieu des plus grands mouvements.

           L’année a commencé en grand avec la publication chez Septentrion de l’excellent blogue Un Taxi la nuit de Pierre-Léon Lalonde, de Lucie le chien de Sophie Bienvenu et des Chroniques d’une mère indigne de Caroline Allard.

           Également à noter, le retour fulgurant du pionnier de la blogosphère québécoise Christian Mistral qui a été l’occasion pour ce dernier de s’en prendre, notamment, à Richard Martineau et au président de l’UNEQ Stanley Péan.

           La lecture d’une lettre de l’écrivaine Marie-Françoise Taggart à l’émission radiophonique de Benoît Dutrizac en réponse au passage de Mistral à l’émission Tout le monde en parle est à l’origine du come back de l’auteur. Taggart relate, dans cette lettre, la violence de Mistral dont elle aurait été la victime (elle, et plusieurs autres femmes) alors qu’il était son conjoint. Un cirque 2.0 à suivre en ligne sur les blogues des protagonistes.

           Alors que le CD a fêté ses 25 ans en 2007 au milieu d’une crise de l’industrie musicale causée par Internet, les groupes indépendants fleurissent grâce aux nouveaux moyens de diffusion. Cette dynamique finira-t-elle par toucher la littérature ? Quoique l’avenir du livre électronique d’Amazon soit encore très incertain, la possibilité de voir se généraliser et se perfectionner le blogue comme forme d’expression littéraire semble de plus en plus réelle. Une chose demeure assurée, c’est que le Web 2.0 constituera (et constitue déjà) une source fondamentale d’inspiration, d’information et de diffusion pour les lettreux et les écrivains de la génération iPod.