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Créations littéraires par Lisa K.
Mon pauvre amour, tu vis ce cœur ouvert qui saigne comme un enfant-fleur. Mon tout-petit, les coquelicots ne s'offrent pas. Jamais à moi. Jure à moi les yeux clairs : ne te les arrache pas. On ne s'arrache pas les yeux pour les offrir à qui n'en veux pas. C'est tout. Et c'est dur, je sais (je sais). Comme toute la vie et puis.
Voilà. En haut de la page Et toi face au non. Toi comme la chemise bleue de la fille devant, froissée, criblée de plis et d'écorchures Tu t'accroches à mes rires – accroche-toi. Je glisserais aussi sur tes genoux qui me cherchent trop sous ma jupe, qui veulent trop s'infiltrer entre mes jambes et moi. Je suis encore d'enfance, moi. Je suis encore d'un amour qu'on habille de blanc. D'éternuements sanglants et de sourire terrible. Toute à la douceur de la cruauté. Moi appartenant toute à la terre et je te promets d'exister. Quitte à. J'ai beaucoup d'affection pour moi Je : m'apprécie Poète plus par ludicité que par enfance Il y a des oiseaux éventrés Dans les veines de ma main ouverte Sous les jardins de mes phalanges Et ma main se referme : le poing n'est jamais que douceur Aime et frappe à la porte qui déchire, le bois comme du papier, comme du nylon beige-noir-satin qui file. Les mots se suivent et s'amoncellent comme des morts : génocide Les mots Toujours Encadrent Longtemps, j'ai su être un tyran J'ai su être Hitler, être Staline-Mussolini-Mao-Bush Rimbaud-Adolf-écharpe : génocide! Et pour une fois, Pour une toute petite fois dans l'histoire de la poésie qui se définit par les nons : Non au mortuariat ! Pour une fois, donc, vive : L'Académie ! *** Je t'ai dit au centre du bleu : Mon amour Je t'ai dit comme on écrit les femmes muses aux yeux bleus et qui ne parlent pas Je ne sais pas me taire, je ne sais pas parler, je ne sais pas Je crois mes ongles sont un crime Et ma bouche à ta bouche est une déchirure La première La troisième La salive Sèche sur la peau : le froid Je sors de tes baisers comme on sort de la mer frissonnante et salée et le ressac au corps, des menottes aux paupières qui ne veulent pas s'ouvrir (tu ne regardes pas ceux qui t'aiment : tu les aimes, et cette action entière, elle suffit à remplir le présent, sourire de cils échevelés, à arrêter d'essayer de comprendre – on ne comprend jamais) Un jour Je te recoudrais les doigts Je mords comme les nouveaux-nés serrent dans leurs petits poings Par. On me désapprend la violence Le moi plongé dans la morsure Dans La multiplicité Dans la perplexité Assise sur ton dos de marées, je recompte mes os Ne pas en oublier au passage Garder ma peau sur moi Et mes mots sous la langue J'ai tes yeux de regards à planètes posées Qui me révolutionnent dessus Tu as des galaxies étranges Trop d'étoiles accrochées aux paupières Et les murs se détachent Pans de peaux arrachées – T'aimer c'est du chocolat du sang des beignets Une indigestion de douceur, ne m'habitue pas à la joie, aux sourires trop faciles, aux bouches roses, aux dents calmes, personne à mordre personne à pleurer Et puis, habitue-moi Je te dirai quand même Mon amour Mon amour |