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Sports Dans une telle situation Les gens ne lisent plus les articles sportifs par Éric Vignola
Les gens ne lisent plus les articles sportifs, c’est désolant. Tellement désolant qu’on a même coupé mon espace d’expression. Impossible de dépasser une page, elle a dit. Impossible de négocier avec une arabe, par les temps qui courent... toujours en train de te traiter de raciste, et tout. La galère.
D’ailleurs, vous m’aidez beaucoup. Combien de courrier du lecteur ai-je reçu ? Dix, vingt, mille ? Mais non, zéro. Impossible de vous répondre, de commenter, etc. Les gens ne lisent plus les articles sportifs. Surtout que les articles sportifs ne parlent pas toujours de sport. Il y a moyen de parler d’une chose tout en parlant d’autre chose, compris ? M’enfin, trêve d’introduction boiteuse, entrons dans le vif du sujet : aujourd’hui, je parlerai ingérence. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas la structure du Canadien de Montréal, je vous la résume. Il y a le propriétaire, George Gillett, qui a les pleins pouvoirs. Si ça ne va pas à son goût, il peut renvoyer tout le monde et habiller une équipe pee-wee, s’il le désire. Puis, il y a Bob Gainey. (Bon, il y a un président avant ça, mais c’est un pantin utilisé pour faire des sorties publiques, un peu comme la gouverneure générale du Canada.) Sa job, à Bob, c’est d’amener un club compétitif sur la glace. Mais comme il ne peut pas passer tout son temps à gérer ET à coacher, il délègue. Or, il a délégué le poste de coach à Guy Carbonneau. Ces jours-ci, on critique beaucoup Guy d’en arracher côté coaching. On met en doute ses choix quand vient le temps de mettre tel ou tel joueur sur la patinoire. On dit (avec raison, souvent) que ces choix douteux minent les efforts de l’équipe, ce qui amène une plus piètre performance de chacun, donc à un résultat inférieur côté spectacle, côté résultat, côté produit fini. (À ce propos, vous ne trouvez pas qu’un bon match de hockey, c’est comme lire une bonne revue littéraire ? On rit, on pleure, on apprend. Tout est excitant jusqu’à la fin, où une profonde sensation de satisfaction vous envahi. Sans parler de la testostérone montée au cerveau, qui permet de passer un bon moment par la suite, avec sa copine… Enfin, passons.) Or, Bob, en tant que directeur-gérant, passe des messages plutôt contradictoires depuis l’an dernier : d’un côté nous avons la meilleure relève de la ligue, de l’autre nous engageons une quantité de joueurs de troisième et de quatrième trio, bloquant ainsi l’accès à cette relève. D’un côté il fait totalement confiance à son entraîneur, Guy, de l’autre il lui impose ses « vétérans » (Brian Smolinski, Patrice « breezer » Brisebois, Tom Kostopoulos), qui ne doivent surtout pas être laissés de côté, puisque Bob les paye deux millions par année avec l’argent de George Gillett. L’exemple du conflit à propos de Carey Price, en début de saison, donne un bon aperçu d’à quel point cette ingérence est profonde, et à quel point Bob a tord de la faire. Guy croyait que Carey Price n’était pas prêt pour la ligue nationale, qu’il devait se développer davantage dans des ligues inférieures. Bob, de son côté, voyant je ne sais quel attrait marketing à donner aux partisans l’espoir d’un gardien sauveur (l’imaginaire collectif des montréalais est rempli de « gardiens sauveurs », mais j’en parlerai dans ma prochaine chronique, ma page se remplissant diablement trop vite, ah !), a décidé que Carey Price commencerait l’année à Montréal. Le résultat ? Une demi-saison et une crise d’angoisse plus tard, le jeune est retourné à Hamilton, où Guy le voyait depuis le début. Morale de l’histoire : gérer l’argent de quelque chose n’est pas un gage de compétence en la chose. Si quelqu’un d’autre s’en occupe mieux, et fait un bon travail, le meilleur moyen de gâcher le produit fini est de s’engager sur la voie de l’ingérence. (La peur, la colère, l’ingérence, elles forment le côté obscur. Si dans le côté obscur tu t’engages, à jamais il dominera ton destin… Vous connaissez la chanson. Et vous savez de quel « vous » je parle.) en chiffres romains ! I. Andrei et Serguei Kostitsyn vont fomenter une révolution biélo-bolchévique chez le Canadien et instaureront un système communiste parmi les joueurs de hockey. II. Brian Smolinski va trouver la deuxième vitesse et devenir un joueur rapide. III. Les Nordiques remporteront la COUPE STANLEY !
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