Le Pied qui voque
Créations littéraires


par Lisa K.


Il paraît qu'on sature, que la tête se déchire, que. L'impossibilité d'écrire, toujours. Discuter du sexe des anges – mais – ils n'ont pas de peau. Eux non plus. Il paraît que les pieds marchent et ne se ressemblent pas. Je me serais arraché les orteils. Mangés à la confiture par. (Toutes les mamans du monde). Sucre. Ponctuation. J'ai un goût de gloss sur les jambes, un goût d'abricot sec, de balle perdue. La nécessité de se mâcher les cheveux en écoutant (non) un cours. Moi, j'ai ancré les parenthèses au plus creux du doute, et je m'y suis plongée avec la délectation grave des pandas et des petites filles. Il paraîtrait aussi que Breton est mort (mais c'est une carafe en fer blanc et je ne m'y arrêterai pas – ma carafe, ô ma carafe). Tu n'as rien vu à Sarajevo – Barcelone – Paris. Rien vu que la Pravda, les moustaches de Staline. Duras, elle, répond qu'elle était aveugle. Mais crevez-vous les yeux à vos ongles d'orteils. Et mettez vos pieds dans vos bouches. Quand vous baillez. Bailler. Dans l'autisme des mots commencés.


***


Son cou décapité foulard rouge
La puanteur des ongles
Pourrir
Jusqu'à n'en plus pouvoir
La lumière est un assassin
Correspondances : je suis aveugle, moi, Arthur
Et je t'enfourche, nécrophile
En pleurant
Pleurons nos allemands morts
Qui reposent
Kantien nietzschéen Musil et.
Je n'est plus moi depuis longtemps

J'ai voulu me noircir la langue
M'endeuiller lèvres et muqueuses : la parole est morte
L'acte n'est : plus
Il y a l'Afrique originelle et qui dessine
Vivant zombi vaudou hram
(el camar)
Ses dessins fondus fixations
Sur ma peau trop
Trop d'ailleurs pour nous, sur ma peau désertique
Tremble par-dessus l'encre
Des constellations sur les bras : le ciel est par trop loin d'ici
J'écris
Sur l'effacement des tombes


***


Le crâne à la dérive
Poli et chevelu
Méprisant
Taisons-nous
Laissons parler les tables
Ou peut-être les textes et
Laissons-les
Nous analyser


***


Je suis l'enfance greffée au rêve
Parasitée
Le monde n'est jamais qu'une pluie
D'encre
Sur les souliers du temps


***


Calligraphie somptueuse
De bourges révolutionnaires
Les chapeaux
Noircissent
Les plumes de paon