Baby we’re the new romantics


, p. .

le champagne devenu peroxyde
on fait nos fraiches
en décapotable on vole
les couronnes en papier des autres

on vomit du mascara brun pastel
sur nos coeurs écrasés
les taxis laissent des traces de pneus

serial bitches
on fume notre récréation
en shakant les clôtures
langue de vernis à ongles
nos pleurs en glitters

on cale les kilometres comme des shooters

Koko Taylor


, p. 20.

le blues me ramène à la fenêtre du vingt-et-unième de mon building soirée tardive au bureau le concierge fredonne une toune de Buddy Guy la ville répond en jeu de lumière je me tais ferme les yeux tourne en rond sur ma chaise laisse le plafond m’aspirer vers le show où on avait tripé nos faces sourires figés dans la blacklight minuit ta mère bang dans ta porte de chambre elle nous entend fourrer elle m’ajoute à sa blacklist saoule à Noël elle nous dit qu’on est donc un beau couple la Saint-Valentin clichée fondue rose chocolat Nelligan la vitre givrée la neige qui fait crounch le divan aux motifs parisiens les croûtes de pizza sit in sleeping bag dans le salon à écouter des films d’horreur poches à chanter Céline Dion et les Stones le début des nuits à parler jusqu’à six heures du matin les soirs à boire jusqu’à mal s’aimer tes yeux qui fixent le plancher tes mangas dans une boîte ta voix hésitante la mienne assurée on fait semblant on a compris on lance nos souvenirs dans un lac avec un bloc de béton

damn right i’ve got the blues

from my head down to my shoes

Nuages FM


, p. 37.

sur la plage je marche des petites pelles trainent ici et là les vagues font un bruit de ventilateur l’effervescence des nuits diamants j’avance le froid m’attrape dans un party de nuages une guerre de fusils à eau se prépare deux trois personnes courent s’arrosent courent se cachent je te cherche enterré sous l’eau la face dans les algues mon aller-retour errance aux toilettes chimiques et je reviens en courant défile à toute vitesse comme la banderole d’arbres sur l’autoroute me dis que quelque part il doit faire soleil ça doit être la nuit la pluie doit tomber je continue mon chemin en me disant qu’ailleurs aussi des radios s’éteignent