Accueillir l’os


, p. 21.

chambre étrangère
elle est peau vide
un trou crème
déchirure de son propre baiser

la langue nerveuse
tendue en un nœud
une étreinte

bave

pellent les saveurs
le sang propre
écaillé

bave

la salive
goutte-à-goutte étrangle les langues
sur les sels rougis

ouvrir la trouée
imprègne l’hostie
de rosées nouvelles
d’eaux de plaies

les papilles émergent
émouvantes et mutines
accueillent l’os
en attendant la prochaine pluie