Veuve de chair


, p. 9-11.

La tête fondue dans ce spectre

de corps pneumatique

dans le bas-ventre

je n’ai qu’un monceau

de litière usée

 

Les gestes lourds

je penche

vers l’éclatement

 

 

 

 

 

 

J’avance avec la hantise

du squelette embusqué

derrière les formes pleines

 

Sur le plancher j’ausculte

les jambes béton des autres

compose une fiction

où le matériau se casse

 

Les ciseaux callés dans la pierre

des éclats opèrent une évasion

creusent ma peau d’esquive

 

 

 

 

 

 

Les saisons roulent

 

S’accroche

l’automne gercé

des amertumes d’hier

 

Une tiédeur

coule dans mes pores

trace la voie du cadavre