Derrière l’école il n’y a plus de terrain vague


, p. 25-26.

on a su au moins

accumuler le bois

de nos mâchoires

reconstruire

sur la bouteille échappée

 

se rappeler que nos gorges

se sont taillés

au manque de preuve

accrocher le gun

au mur

pour se mentir

des héros d’enfance

 

les tirs fondent encore

avant de se rendre

à nos langues
on a beau déterrer

les derniers feux

au plus bas de l’accident

les craquements de la cabane

la veste de chasse

de mon père

ressemble toujours

à ce qui n’a jamais existé

 

j’ai appris à raconter nos histoires

sans comprendre

quelle ligne de ma main

délimite ma tête

et la débarque au bout