Et maintenant


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Ma bouche mâche son silence,
mes mains invalides se pendent au bout de mes bras,
mes yeux glissent au-dessus du plancher,
ma tête se creuse et se déserte
et mon corps se penche sur sa chaise.

J’absorbe la pièce et elle me traverse sans me troubler,
avec son souffle de poussière
et son silence lassé.

Même le temps qui passe me regarde de travers.

Imperturbable sur ma chaise,
ni alanguie ni ennuyée,
sans repos,
j’espère.

Et maintenant,
trou de mémoire
j’attends que quelque chose
remonte jusqu’à moi
et comme à l’origine du monde,
bouscule le vide.