Quelque chose comme l’horizon


, p. 22-24.

Pas de lumière pour les nazes

je marche loin des lignes droites

il aurait fallu que tu

me déposes à la maison

là où

les portes ont des verrous

 

La seule distance qui s’amoindrit

est celle qui sépare

ma tête

du bitume

je découvre des hiéroglyphes

sur la rue inhabitable

 

Jusqu’au zoo

je sculpte ce qui tiendra lieu

de totems

quand le monde s’écroulera

toi tigre moi mousson

deux êtres inutiles

dans les halos nucléaires

 

Ici

ce n’est pas Bagdad

quand on lève les yeux

ce n’est pas le ciel

est-il seulement possible

de prendre d’autres chemins

sortir des tunnels carpiens

 

Je suis celle qui charrie

ce qui reste des protocoles

tu flotteras là où se tenait

le Stade et

je mouillerai ma culotte

en pensant

à Zombie Boy

 

Les étoiles brillent toujours

dans un badtrip qui n’appartient qu’à elles

tu m’aurais épargné

les aurores boréales

que j’aurais pleuré pareil